Horizon d'événements

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Lieu : Montréal

Client: http://mtlunescodesign.com

Chargé de projet : Maxime Moreau (Architecte)

Équipe: Maurice Martel, Jean-Philippe André, Minh Tuan Khai Le, Ollivier Dyens, Steffen Lamy, Martin Côté

Secteur du projet : Concours

Date de fin du projet : 2010-02-09

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Montréal: oeuvre des torrents


Montréal, île au milieu des vents et des flots, est l'œuvre des torrents: torrents d'eau, de migrations, de connaissances; torrents de cultures, de langues, de savoirs; torrents de rafales et de neige. Montréal est une terre au milieu des rapides humains et géologiques; autour d'elle, les courants forment des bouillonnements; des bouillonnements de flots et de vagues; de vie, de propos, de créativité.


Montréal vit du souffle de ses torrents.


Ce projet architectural rend hommage aux courants, aux flots, aux bouillonnements qui ont créé Montréal et qui, toujours, lui donnent sa force et sa vigueur.


Physiquement, il se présente comme une série de vagues qui se chevauchent, se croisent et s'entrelacent, miroitant ainsi les plateaux et collines de Montréal, les bancs de neige qui sculptent la ville et le fait que Montréal est une île ciselée par les cours d'eau.


Ce projet reprend aussi les diverses veines (ou courants) de la ville. Il salue l'axe nord/sud en offrant aux artères et aux rues du centre-ville la possibilité de se prolonger jusque dans le Vieux-Montréal, permettant ainsi à la nouvelle ville d'embrasser le Montréal historique. Il reprend aussi les veines de la vieille ville en prolongeant l'axe des fortifications. Son axe est/ouest, quant à lui, reproduit le lit de la rivière St-Martin (elle-même miroitée par le réseau du métro).


Ce projet utilise le métro Champ-de-Mars comme un point de jaillissement. Par son agora, il fait émerger les réseaux humain (les passages souterrains), automobile (l'autoroute Ville-Marie à laquelle il emprunte la bretelle), fluvial (la rivière) et ferroviaire (le métro). Qui plus est, reprenant les couleurs et le titre (Les Grandes formes qui dansent) du vitrail de Marcelle Ferron, il célèbre par sa forme, par le mouvement des foules qui pénètrent dans ou émergent des réseaux et par le jeu des images qui l'illuminent, les courants, la diversité et l'intelligence de Montréal.


En fait, les images qui illuminent la structure évoquent à la fois les flots d'informations, le bouillonnement des cours d'eau, les métissages culturels et la créativité. Extraites du réseau Internet, elles ont aussi pour fonction de lier cette place à la globalité contemporaine.


Par sa forme, ce projet rappelle aussi l'axone, ce lien, traversé par les courants électriques, qui lie les neurones entre eux (neurones auxquels une ville vue de l'espace ressemble si étrangement). Voilà aussi ce que représente ce projet: Montréal, comme une roche, un neurone au milieu des courants; de plus en plus créative à mesure que les flots, les charges électriques, humaines et émotives la traversent, lui permettent de croître et de se complexifier.


En tissant des liens dynamiques entre le Montréal contemporain (le centre-ville, la ville souterraine, la technologie, le métro) et les diverses strates du Montréal historique (le Vieux-Montréal, l'œuvre de Marcelle Ferron, le lit de l'ancienne rivière), ce projet créera autour de lui des tourbillons de rencontres, de langues et de cultures et célébrera ainsi la ville torrents, soit le Montréal multiple, intelligent, polyglotte et polysémique, dont la beauté naît du bouillonnement de ses mouvements hybrides et métissés. 

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