RÉSIDENCE PRINCE PHILLIP

Une oasis chez soi


Rénovée et agrandie une première fois en 2012, cette maison typique des années 1960 a été entreprise de nouveau il y a un an pour y greffer une nouvelle aile, réservée aux chambres à coucher. Les parents y ont gagné une suite parentale offrant confort, intimité et calme, tandis que les trois enfants ont désormais leurs propres appartements : un changement dont tout le monde sort gagnant.


À l’époque où le couple a pris possession de sa maison d’Outremont, la propriétaire était enceinte de sa cadette. L’habitation avait besoin d’être mise au goût du jour, et surtout à celui de ses occupants. Malgré l’évidence, le couple a sauté sur ce qu’il considère plus que jamais être une occasion en or : une maison du milieu du siècle blottie au cœur d’un grand terrain boisé de 17 000 pi2. Le luxe à quelques minutes du centre-ville de Montréal.


Phase 1 : l’aile gauche de la résidence, rénovée en 2012


Amorcés dès la première année, les travaux d’agrandissement ont été confiés à la firme d’architecture Thellend Fortin, qui a créé l’espace pour accueillir une grande salle de séjour, une galerie extérieure et une salle de gym au rez-de-jardin. Entièrement fenestrée, l’annexe offre maintenant une vue impressionnante sur la cour qu’elle surplombe. Dans la foulée, le terrassement a d’ailleurs été complètement repensé de façon à inclure une piscine, malgré les contraintes imposées par la forte pente du terrain.


Phase 2 : l’ajout d’un étage et la rénovation de l’aile droite en 2020


Avec l’architecte Maxime Moreau, de MXMA architecture et design, les propriétaires ont procédé l’an passé au déploiement de l’aile droite du bâtiment. La section est maintenant coiffée d’un étage de 1000 pi2 entièrement destiné à la suite parentale. La chambre du fils, située près de la cuisine, a été transformée en bureau et rapatriée avec les autres chambres au rez-de-chaussée de la nouvelle aile. Les enfants y ont gagné plus d’espace et une salle de bains que se partagent les filles, tandis que le garçon a la sienne. Une porte leur permet de fermer l’entrée de « leurs appartements ».


''On voulait que cette évolution respecte l’ADN de la maison et son horizontalité. Il était aussi important pour nous que l’agrandissement soit le plus discret possible de la rue et qu’il s’intègre de façon naturelle dans son environnement'', décrit l’architecte Maxime Moreau.


Par une gymnastique structurale, l’annexe a été encastrée dans le toit original auquel il finit par se fondre. De l’extérieur, ce qui pourrait sembler être une élévation d’un demi-étage est en fait un volume de 10 pi de hauteur. Aucune ombre indésirable n’est ainsi créée chez les voisins immédiats.

L’arrière, beaucoup plus contemporain, gagne en prestance et reprend l’idée du ruban de l’annexe gauche, développée par Thellend Fortin. Le sous-sol s’y révèle grâce à la pente du terrain. ''La maison reste sobre à l’avant. Le party est à l’arrière où il y a plein de surprises'', décrit Maxime Moreau.


L’agrandissement a aussi été un prétexte pour réévaluer les circulations verticales dans la maison. L’escalier d’époque, qui fait le lien entre la partie centrale de la maison et le bloc de nuit, était sombre. Il a gagné en lumière et en style grâce à une nouvelle structure ouverte, légèrement asymétrique.


''Rénover, c’est une façon de s’approprier son propre chez-soi et de le mettre à son image'', décrit la propriétaire en avouant une résilience particulière aux rénovations, par passion pour l’architecture et par enthousiasme pour le résultat final. ''J’avais des idées très précises de ce que je voulais, et Maxime a été à l’écoute. Je suis encore en lune de miel avec le résultat.''

Monter l’escalier pour se rendre dans ses appartements lui donne l’impression de gagner son sanctuaire, confie-t-elle. ''Entendons-nous, mes enfants sont loin d’être des terreurs, mais une fois dans cet espace, le temps semble défiler autrement. C’est un moment pour soi.'' Du haut de la suite parentale, l’urbanité s’éclipse. Le résultat est doux, organique. Loin du tourbillon de la ville ou de l’agitation quotidienne.


''Comme elle est très vitrée, j’ai souvent l’impression d’avoir une maison dans les arbres. C’est minimaliste, ça respire. Pour moi, c’est très apaisant. C’est d’ailleurs le sentiment que j’ai en vacances… Et puis je reviens chez nous et je me dis : “On y est vraiment bien !''


Fiches techniques


Texte :  Isabelle Morin, La Presse


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